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La synchronicité

6 décembre, 2013

TEMOIGNAGE TROUBLANT reçu en 2003 et dont les faits devraient dater de 1986 :

François n’a pu accompagner sa famille au ski dans les Pyrénées, pour raisons professionnelles. Il est donc resté chez lui et rejoindra les siens quelques jours plus tard.

Le jour venu, il prend la direction de la montagne et à la mi-journée il se trouve sur l’autoroute.
Nous sommes aux vacances de Pâques, il fait un temps superbe et la chaîne des Pyrénées s’étale couverte de neige et offrant un paysage splendide.

Alors qu’il devait prendre la sortie d’autoroute menant à la vallée d’Aure, François se surprend à continuer en direction de Toulouse.
L’autoroute venant d’être terminée, elle dévoile des panoramas jusque là cachés.
Il poursuit donc sur une route qui l’éloigne de façon opposée à l’itinéraire logique qu’il devait emprunter.

Après une quinzaine de kilomètres, survient une panne hydraulique sur son véhicule Citroën. Tous les voyants du tableau de bord sont rouges. Il s’arrête aussitôt sur la bande d’arrêt d’urgence et constate que la pompe hydraulique est désolidarisée du moteur.
Une panne assez bizarre à première vue.

N’ayant plus de freins et de suspensions, il rejoint lentement la prochaine sortie distante de quelques kilomètres.
Au péage, François contacte son assistance et un dépanneur vient remorquer la voiture pour le garage Citroën le plus proche.

Sur place, le chef d’atelier se révèle perplexe et considère cela comme une drôle de panne. Le véhicule doit être immobilisé trois jours minimum puisque la pompe doit être changée et qu’il n’en dispose pas en stock.
François se voit dans l’obligation de contacter à nouveau son assistance.

Son interlocutrice propose qu’on lui mette à disposition un véhicule pour continuer sa route, ce qu’il accepte. Puis au moment de conclure la conversation téléphonique cette dame lui stipule :
 » A moins que vous ne préfériez que l’on vous accompagne à votre destination. « 

François, sans hésitation, comme mû par une force, accepte cette dernière proposition. Quelqu’un va donc venir le chercher au garage rapidement.

Après 45 minutes d’attente, il s’impatiente et commence à regretter son choix. Mais une voiture s’arrête. Un homme d’une cinquantaine d’années en descend et lui demande s’il est la personne ayant sollicité l’assistance.
Ils récupèrent ensuite les bagages puis quittent les lieux.

Il s’échangent des banalités d’usage et prennent la direction de la vallée d’Aure. Au bout d’un moment, le chauffeur lui demande :
 » Vous êtes sapeur pompier ?  » Il avait en effet vu sur le pare brise de la Citroën l’autocollant des pompiers « Sauver ou périr « .
François lui répond par l’affirmative sans toutefois s’étendre sur le sujet.

Le chauffeur lui raconte alors qu’il a contribué à monter le centre de secours de sa ville et qu’il y est pompier depuis plus de 25 ans.
Il est également propriétaire de la compagnie d’ambulances locales et qu’ainsi, il travaille pour la l’assurance.
S’en suit un long monologue où il explique son goût pour les secours.

Il en vient ensuite à parler d’enfants, du soucis occasionné lorsqu’ils grandissent, surtout à l’adolescence.
Il explique le risque des jeux de rôle et précise qu’il est intervenu auprès des médias à ce propos et qu’il a déposé une plainte pour une histoire de jeu de rôle ayant mal tourné.

François se révèle un peu surpris de cette conversation qui malgré tout est loin de ses soucis actuels et le chauffeur doit apparemment s’en rendre compte. Il lui demande alors où il demeure et réplique à François qu’il n’aime pas cette ville qu’il connaît.

Il raconte ainsi à François que son fils a dû se rendre dans cette ville pour suivre une classe de terminale spécialisée qui n’existait que dans cette ville. L’année s’est mal passée et avec le temps, il a vu son fils aller de plus en plus mal sans comprendre ce qui se passait.

Un jour, son fils s’est suicidé dans ce lycée par pendaison dans un rite satanique consécutif selon lui à un jeu de rôle.

Le conducteur est bouleversé en racontant cette histoire datant de deux ans.

Divorcé, il déclare qu’il n’a pu avoir de précisions complètes sur les circonstances de la pendaison de son fils. Il s’est donc rendu à plusieurs reprises dans cette ville pour prendre contact avec les pompiers et tenter de rencontrer le médecin SAMU qui l’avait réanimé avant qu’il soit conduit au CHU.
Il aurait tant aimé rencontrer ce médecin pour savoir …

François revoit encore le visage de cet homme, lorsqu’avec une certaine émotion il lui dit posément :
 » le médecin qui a réanimé votre fils, c’est moi. « 

 » Oui je suis bien la personne que vous avez cherché. Oui je vais pouvoir vous expliquer en détails ce que j’ai fait pour votre fils.
La réanimation difficile, le coeur qui repart mais le cerveau qui a souffert et donc le transfert au CHU, et la mère à qui j’expliquerai tout cela. « 

Puis c’est à son tour de raconter la suite, la mort de son fils plusieurs mois plus tard, un soir de 31 décembre.

Arrivés à destination, ils sont restés 2 heures durant à parler, encore incrédules l’un et l’autre de cette rencontre plus qu’improbable.

Comment expliquer tout ce qui a mis François sur une route qui n’était pas la bonne mais la sienne ; une panne étrange ; un choix inhabituel ; ce qui les a mis en présence ; et surtout l’attente de cet homme enfin comblée …